Histoire

La commune en chiffres

837 habitants - 670 hectares -
 20,6 km de voiries revêtues-12,9 km de chemins ruraux
8,8 km fossés/voiries revêtues 9,3 km talus/voiries revêtues
9 km ruisseau

« Saint Ciers de Canesse aux origines du nom de notre commune »
 
  La branche de la linguistique qui se préoccupe du nom des gens et des lieux se nomme l'onomastique. Elle révèle parfois bien des choses sur notre histoire, nos traditions, notre langue ou encore le mode de vie de nos ancêtres. Le nom de St Ciers de Canesse ne fait pas exception et apporte un éclairage sur ce moment de l'histoire où les habitats se sont regroupés en paroisses bien avant de devenir des communes.

  En ce qui concerne ce "Ciers" c'est évidemment le prénom du personnage venu évangéliser notre territoire et qui à l'origine devait s'appeler "Cyrus". Dans le nord du pays, où on ne prononce pas toutes les lettres, c'est devenu "Cyr". Dans les pays de langue d'oc ce sera "Cierz" ou même parfois "Cirz". La profusion de ces saints qui donnent leur nom à nos communes et dont la plupart ne sont pas officiellement reconnus, ne doit pas surprendre. Elle témoigne de la vigueur évangélisatrice de la religion chrétienne à partir du moment où elle devient religion d'état (entre le 4ième et le 5ième siècle).

  En ce qui concerne "Canesse", les choses sont moins évidentes. Notons tout d'abord que dans le sud de la France, les terminaisons en "esse" viennent de mot en "ecia" ou "icia". Nous sommes donc à la recherche de "Canecia" ou "Canicia".

Hypothèse 1 :
"Canecia" est un vieux mot occitan qui décrit des cheveux gris ou blancs (pensez au mot français chenu) et que l'on retrouve dans les poèmes des troubadours et les chansons de geste du haut moyen-âge. Un "Sint Cierz Canecia" aurait donc pu être un Cyrus aux cheveux blancs autrement dit, en langage moderne, un Cyrus l'ancien ou Cyrus sénior désigné ainsi pour ne pas être confondu avec un autre Cyrus plus jeune qui aurait parcouru la région.

Hypothèse  2 :
La "Canicie" (en latin Canicia) désignait, avant la conquête arabe, une petite région entre les actuelles Tunisie et Algérie. Pour mémoire, cette région d'Afrique à quelques encablures des côtes italiennes fut une région riche et prospère de l'empire romain jusqu'à l'arrivée des vandales au 5ième siècle.(c'était le nom de ce peuple d'origine germanique, pas un jugement de valeur).
Proche de l'ancienne Carthage, elle se christianise rapidement et ses écoles deviennent renommées dans tous le bassin méditerranéen. St Augustin lui même venait d'une région contiguë à la Canicie.
Dans ce cas nous aurions affaire à un Cyrus venu de la lointaine Canicie africaine pour répondre, avec St Romain à l'appel de St Hilaire de Poitiers pour évangéliser le sud de la Saintonge.
 
 
« Saint Ciers de Canesse, 4 000 ans d’Histoire »

Découvertes au fil des époques

Au néolithique :
- au lieu dit Bélourde : en 1993 il a été trouvé des outils lithiques,
- au lieu dit Bobeyreau ou Boubereau : des haches polies,
- au lieu dit La Chapelle : des outils lithiques,
- au lieu dit Le Cluzeau dit le Château des Fées : mégalithes.
Un dolmen de 2m10 de haut, de 3m de long et 2m70 de large.
Il a été détruit entre 1837 et 1876. Les pierres ont servies dans la construction du pont
de Balarey, celui de Castant et celui de Pinchaud.
- au lieu dit Fontenelles (station) découvert en 1933,
- au lieu dit Laforge découvert entre 1876 et 1893 : des haches polies,
- au lieu dit Nodeau : outils lithiques

A l’âge de Bronze et de Fer : rien à signaler

Période gallo-romaine :
- au lieu dit Canesse : découverte en 1839 d’un trésor monétaire,
- au lieu dit Pisselièvre : présence de sépulture,
- au presbytère : découverte en 1843 d’un trésor monétaire,
- une tombe romaine chezun propriétaire privé avec 3 vases. Un élément bâti, sans mobilier (un petit morceau de ferraille que le propriétaire a jeté pensant ne pas être intéressant, il le regrette) qui était de toute évidence une tombe à incinération. La poterie est datée de la fin du II ième siècle ou début du III ième. Avant de récupérer les vases le propriétaire a proposé à un historien qu’il regarde ce qu’il y avait à l’intérieur. Il y avait de la cendre et des os humains pilés mais ni mobilier ni pièces de monnaie : le personnage ne devait pas occuper un rang important dans la société. On peut conclure que la crémation n’est pas été complète et pour que l’ensemble des restes rentrent dans le vase, il y a eu concassage. L'historien a remis dans le vase l’intégralité de ce qu’il avait retiré. Aujourd’hui les 3 vases sont conservés à Samonac.

Haut moyen-âge :
En 1987 lors de l’inspection autour de l’église sont apparues des structures que l’on situe tout juste antérieures à l’époque romane : X ième, début XI ième. Toutefois, on ne trouve que de la monnaie.
Il y a dans le Bourgeais des sites qui laissent à penser qu’il y a des fondations mérovingiennes : donc un signe de confirmation d’occupation de nos campagnes.

Moyen-âge classique :
Commune pauvre : pas d’ouvrages médiévaux fortifiés. 
Blaye au Nord avec le château des Rudels et Bourg avec celui des Ducs de Lansac .
Lorsque Charles VII arrive en 1451 il ravage le village dont l’église, il a été difficile de repeupler le village à la fin de la guerre de 100 ans. 
L’église est désaxée, de plus, elle est bâtie sur le cimetière d’où des affaissements.

Il y a beaucoup de travaux, de rajouts, de transformations, en fait il ne se passe pas un siècle sans que l’on ne fasse pas des travaux sur l’église. C’est l’église du Bourgeais qui présente le plus de formes et d’époques différentes : aspect décousu.
La taille de l’église d’un village dépend de la population. On ne fait pas une église pour faire plaisir à Dieu mais en fonction du nombre croissant de villageois. Les gens de St Ciers de Canesse sont dans la bonne moyenne du montant des impôts qu’ils payent et le fait que l’église s’agrandisse continuellement prouve que la population augmentait aussi régulièrement.
 
 
Château de la Reine des Fées
Extrait paru en 1842 d’après 
« L’Éducation. Gazette des femmes »
     
 Au XIXe siècle, on pouvait encore voir près de Blaye (Gironde) un dolmen que la légende populaire affirmait être l’entrée du château des Fées dont nul être humain y pénétrant ne sortait vivant car dévoré par ses occupantes, à l’exception d’un pasteur, voyageur acceptant de relever un défi en partant à la conquête d’un œuf magique détenu par le plus puissant des mauvais génies.
Il est incontestable que les traditions populaires ont une certaine importance historique ; car elles sont presque toujours un mélange de roman et d’histoire. L’on voit que ce n’est pas d’hier que la vérité se cache sous le manteau de la fable. 
Il existait au XIXe siècle à 800 m au nord de Saint-Ciers-deCanesse, un remarquable dolmen, le dolmen de Clusseau, sur lequel l’imagination populaire nous a légué une légende curieuse qui rappelle les Mille et une nuits : c’est le même mélange de merveilleux et de terrible. 

  Ne parlez pas aux habitants de ces contrées des druides et de leurs terribles mystères célébrés sur ces blocs géants, ils vous riraient au nez sans merci. « Ces pierres levées (peyres lebades), vous dirontils, ne voyez-vous pas que ce sont les ruines de l’entrée du Castel de las Hagues (Château des Fées). » Ils vous feront observer que tout prouve que ces pierres ont été habitées ; et, en effet, la science vous dira : « Que trois blocs énormes servaient de murs à ce château des Fées ; qu’il avait pour toit une pierre gigantesque, et que cette masse reposait, à sept pieds du sol, sur trois blocs et sur une pierre plus petite placée à l’entrée ; que le support du nord avait été entamé par la main de l’homme ; qu’on y avait ouvert une porte qui depuis a été bouchée. Cette particularité fait présumer qu’à une époque inconnue cet étrange réduit a été habité. Un puits, creusé auprès, semble venir à l’appui de cette conjecture. » 
Pour les habitants, c’est plus qu’une conjecture, c’est une incontestable réalité ; écoutez plutôt ce qu’ils racontent : 

  Un jeune et beau pasteur, coupable d’indépendance envers son tyrannique patron, avait franchi le support d’entrée et s’était réfugié dans cet antre maudit, dont nul être humain n’osait approcher ; car on n’avait jamais revu ceux qui y étaient une fois entrés. Ces blocs énormes étaient, en effet, la porte gigantesque du puits de l’abîme qui communiquait jusque dans les entrailles du monde, et sous laquelle passaient les mauvais génies pour se rendre dans leur empire souterrain. 
A peine le pasteur avait-il mis le pied sur la pierre d’entrée, que le plus affreux spectacle frappa ses regards : des ossements humains jonchaient le sol de cette horrible caverne, et, à sa voûte, des gouttes de sang figé pendaient en stalactites. 
Saisi d’horreur, il détourne ses regards et se rejette en arrière ; le sol semble céder sous lui, et il se sentit aussitôt descendre. L’éclat extraordinaire du lieu où il arrive si mystérieusement le force de fermer ses yeux éblouis. Tout à coup, des bras invisibles le saisissent, l’enchaînent, l’enlèvent, et le transportent dans une salle non moins magnifique. Des colonnes d’albâtre en soutenaient la voûte de cristal. Au milieu s’élevait un trône resplendissant, ombragé par deux arbres aux rameaux d’or et couverts de rubis. 
Le pasteur se croyait le jouet d’une illusion, et son admiration redoubla lorsqu’il vit entrer une gracieuse phalange de femmes, qui vinrent, une à une, prendre rang autour de lui. Elles étaient toutes d’une merveilleuse beauté. Il se crut transporté dans la demeure céleste des déesses. Mais son enthousiasme n’eut plus de bornes quand il aperçut une femme mille fois plus belle que ses compagnes. 
C’était Fréa, la Reine des fées, qui suivait ses gracieuses sœurs ; Fréa, à la robe blanche et flottante, aux souliers d’or, qui portait ses noirs cheveux flottants sur ses belles épaules, et qui ornait son front pur d’une chaîne d’or et de diamants. Elle s’avançait, dans sa démarche pleine de grâce et de majesté ; quand ses beaux yeux s’arrêtèrent sur le jeune homme, un nuage de tristesse vint les voiler. Le pasteur, nourri dans la vénération religieuse de ses pères, qui adoraient la femme comme une divinité, se jeta aux pieds de ce trône, où elle vint s’asseoir. Fréa pensa qu’il implorait sa clémence : « Non, non, dit-elle, il faut mourir. » 

  Mais le pasteur ne l’entend pas ; saisi d’admiration, il contemple avec amour cette beauté merveilleuse et toujours jeune, dont les hommes n’ont pas idée. La reine était fée, et les fées sont femmes ; elle eut pitié de ce beau et naïf jeune homme, qui oubliait son sort pour la regarder. 
— II faut mourir », répéta-t-elle enfin d’une voix triste et émue. — Ah ! les dieux sont donc aussi cruels que les hommes », s’écria le pasteur avec amertume et comme sortant d’un rêve ; j’ai fui la mort pour aller au devant de la mort ; mais, du moins, je serai moins malheureux de la recevoir de votre main.
— Ah ! ce n’est pas une même mort ! celle qui t’est préparée est horrible, épouvantable : tu seras dévoré vivant. 
La Reine des fées s’arrêta et détourna la tête pour cacher une larme, et cette larme était d’or pur. 
Elle reprit bientôt : 
— C’est là le tribut fatal que nous payons à Rimer, le plus puissant des mauvais génies. Ces blocs debout, sous lesquels tu t’es réfugié, malheureux enfant, sont la table où ses victimes lui sont offertes. Nul homme ne lui est échappé et ne lui échappera, s’il n’a conquis l’œuf des serpents. 
— Si c’est là une conquête qu’un homme puisse entreprendre, je l’entreprendrai, dit en se relevant le pasteur, d’un air résolu. J’ai souvent dompté les taureaux sauvages, lutté avec les ours et les loups-cerviers de nos forêts ; tombe sur moi le ciel, je ne crains rien ! 
Le courage plaît aux fées ; dans leur cœur, il est souvent le voisin de l’amour, et l’amour est bien fort. 
La Reine des fées, séduite, voulut sauver le pasteur. Quand fée le veut, Dieu le veut. Fréa lui donna un anneau mystérieux qui rendait invisible, pour qu’il pût échapper à la vue perçante des serpents et à leur active poursuite. 
 
  Grâce à ce puissant secours, il pénétra sans danger dans l’horrible caverne où mille serpents entrelacés avaient, de leur bave, composé l’œuf magique. Le pasteur s’en empara aussitôt, et, montant sur la table du sacrifice, il attendit sans terreur Rimer le dévorant. Au moment où la nuit devient de plus en plus sombre et où la clarté des étoiles va pâlissant peu à peu, il entendit dans les airs un bruit sourd comme un battement d’ailes, et il vit approcher, monté sur un monstrueux loup ailé, se servant de serpents en place de brides, le terrible génie de l’abîme, qui descendait sur lui avec la rapidité de la foudre pour le dévorer, comme sa victime inévitable. 
  Mais le pasteur, le touchant soudain avec l’œuf magique, le terrassa, le vainquit, et l’enchaîna pour l’éternité.
Alors cessèrent les sacrifices humains, et le vaillant pasteur fut béni par les fées et par tous les pères qu’il arrachait à ce tribut fatal. Il ne retourna cependant pas avec les hommes, demeurant toujours avec Fréa, la Reine des fées, son sauveur. Il eut une longue et heureuse vie, car son épouse lui donna des pommes d’or qui avaient la vertu de conserver une éternelle jeunesse. 
Mais comme il ne pouvait se nourrir des célestes aliments des fées, il se creusa un puits près de la porte des Géants ; avec une hache de pierre précieuse, don magnifique de sa compagne, il tailla dans le bloc du nord un réduit où il déposait le produit de sa chasse. 

  Telle est la tradition très peu connue du Castel de las Hagues, de ce château des Fées, où nous ne voyons, nous, qu’un dolmen. A travers les festons et les gracieuses découpures du manteau de la fable apparaît la vérité toute nue. L’œuf des serpents, les sacrifices humains ; d’un autre côté, la victoire par l’amour d’un allié du ciel sur les antiques divinités ; tout cela frappe d’étonnement et nous autorise peut-être à conclure que les traditions populaires ont leur importance historique. 
  
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